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Programmation des Jeudis du CNRS printemps-été 2017



La délégation Provence et Corse du CNRS organise un cycle de conférences intitulé "Les Jeudis du CNRS".

Ces rendez-vous mensuels proposent à un public curieux de venir s’informer sur des sujets variés d’actualité et d’intérêt régional et d’échanger avec des scientifiques en toute simplicité.


Se déroulant les premiers jeudi du mois de 18h à 19h30 sur le campus Joseph Aiguier à Marseille, ces conférences se veulent accessibles au plus grand nombre.


L’accès gratuit et dans la limite des places disponibles.



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Jeudi 2 mars 2017


"Les femmes sont-elles nulles en Maths ?"


Isabelle Regner
Maître de conférences AMU au Laboratoire de psychologie cognitive (LPC)


La sous-représentation des femmes dans les filières et carrières scientifiques est un constat récurrent au niveau national et international. Problématique pour de multiples raisons, cette sous-représentation est également au cœur du débat sur l’idée d’une infériorité biologique des femmes dans les sciences dites « dures ». Les travaux sur l’effet de "menace du stéréotype" ont permis d’apporter un nouvel éclairage, en montrant que les inégalités hommes/femmes reflètent les effets d’un stéréotype forçant les femmes à se comparer défavorablement aux hommes dans les disciplines scientifiques. Confrontées à des tests difficiles, les femmes subiraient une pression supplémentaire liée à la crainte de confirmer ce stéréotype. L’anxiété et la distraction cognitive qui en résultent viendraient interférer avec la réalisation du test et conduiraient les femmes à produire des performances suboptimales. 


Isabelle Regner, maître de conférences AMU au Laboratoire de psychologie cognitive (AMU/CNRS) et responsable de l’équipe "Cognition et contexte social", présentera des résultats de recherches qui démontrent l’influence subtile des stéréotypes de genre dans le maintien des inégalités hommes/femmes en maths et illustrera les interventions qui permettent de lutter contre ce phénomène.



Jeudi 6 avril 2017


"Marseille est-elle une ville normale ?"


Michel Peraldi
Directeur de recherche CNRS à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS)


Marseille a connu, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, une transformation économique et sociale fondamentale lorsque son port, cœur économique de la ville, a peu à peu délaissé ses fonctions commerciales diversifiées pour se centrer sur une « économie rentière ». Les conséquences de ces transformations, faisant notamment de Marseille l’une des métropoles les plus pauvres d’Europe, sont encore largement ce qui détermine la ville et les mondes sociaux qui y cohabitent.

Ville un temps mondiale, Marseille est aussi une ville de légendes, largement mythifiée par le cinéma, les médias et la littérature. Ville imaginée autant qu’habitée, mais pas toujours à son avantage, même si depuis quelques années une « classe créative » s’efforce de réinventer à son profit les légendes de la ville. Enfin Marseille est l’objet de l’une des plus importantes opérations d’urbanisme menées en France ces cinquante dernières années. Sous le nom d’Euromed, c’est une reconquête des espaces centraux et portuaires qui s’est organisée, autant qu’une tentative de redonner, dans un cadre administratif et politique enfin rendu à une échelle métropolitaine, un destin et une dignité économique à la ville. Mais au bénéfice et au détriment de qui ?


Michel Peraldi, directeur de recherche CNRS à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (EHESS/CNRS/Inserm/U Paris-Nord), est l’auteur de deux ouvrages, issus de ses travaux sur la cité phocéenne, Gouverner Marseille et Sociologie de Marseille, dont les thèmes et questions seront abordés lors de cette conférence.




Jeudi 4 mai 2017


"CRISPR-Cas9 : une innovation génétique qui bouleverse les pratiques et l’éthique"

Anne Cambon-Thomsen
Médecin et directrice de recherche émérite CNRS au laboratoire Epidémiologie et analyses en santé publique (LEASP)
Pierre Cordelier
Directeur de recherche Inserm au Centre de recherche en cancérologie de Toulouse (CRCT)


En 2012, deux chercheuses, française et américaine, ont mis au point une nouvelle technique révolutionnaire d’édition du génome. Avec cette méthode, la manipulation génétique devient presque aussi simple qu’un copier-coller. En effet, CRISPR-Cas9 fonctionne comme des « ciseaux génétiques » et permet de cibler précisément une zone de l’ADN, de la couper, puis de la remplacer précisément par une séquence choisie.

Bien que cette révolution ouvre des opportunités énormes pour la recherche biologique et médicale, elle pose également de nombreuses questions d’éthique. Cette technologie rend accessible un nouveau pouvoir de transformation du vivant. Comment la science, et la société en général, réagissent-elles pour s’adapter à ce type d’innovation ? A-t-on le droit de modifier le génome humain de façon transmissible pour non seulement guérir des maladies génétiques mais empêcher de façon trans-générationnelle leur potentialité ? Avec la possibilité de manipuler aussi facilement le génome, comment éviter les dérives vers l’eugénisme ? Sur quelles bases et par qui fixer les cadres d’application de cette technologie ? Les organes législatifs sont-ils armés pour répondre à ces questions, alors même que cette technique est déjà utilisée dans de nombreux laboratoires à travers le monde ?

Anne Cambon-Thomsen est médecin, directrice de recherche émérite CNRS au laboratoire Epidémiologie et analyses en santé publique (Inserm/UPS) de Toulouse et a été experte auprès du comité d’éthique du CNRS, membre du CCNE et du Groupe européen des sciences et des nouvelles technologies. Elle est également présidente de la Société française de génétique humaine, qui a mis en place un groupe de réflexion sur ces questions, qui inclut des membres de la Société française de thérapie cellulaire et génique. Pierre Cordelier est directeur de recherche Inserm au Centre de recherche en cancérologie de Toulouse (CNRS/Inserm/UPS) et président de la Société française de thérapie cellulaire et génique. Ils viendront présenter ensemble les nouveaux enjeux soulevés par cette innovation.



Jeudi 1er juin 2017


"Feux de forêts : la recherche au service de la société"


Jean-Baptiste Filippi
Chargé de recherche CNRS à l’Institut de neurosciences de la Timone (INT)


Chaque année, le monde est très durement touché par de nombreux incendies aux conséquences humaines, écologiques, sanitaires et économiques désastreuses. De nombreux phénomènes physiques étroitement couplés interviennent dans le développement de ces grands incendies. La montée en température des végétaux génère des gaz qui dépendent du type de végétation. Puis ces gaz s’embrasent, et c’est l’avancement du front de flamme qui doit être défini à l’échelle de quelques mètres, pour prendre en compte précisément vent, relief, humidité et obstacles. De plus, la chaleur intense dégagée modifie fortement la météorologie locale, créant des mouvements convectifs à l’origine de vents susceptibles de modifier en retour le front de flamme. Enfin, composition, densité, structure et transport des fumées ne peuvent être précisément déterminés qu’en tenant compte de tous ces phénomènes.

L’arrivée de supercalculateurs permet désormais la résolution numérique de ces phénomènes et de leurs interactions à leurs échelles caractéristiques. Le défi aujourd’hui consiste à effectuer ces calculs couplés, de l’échelle de la flamme à l’échelle régionale, afin de mettre à disposition de la communauté une nouvelle génération d’outils de prévision des risques.


Jean-Baptiste Filippi, chargé de recherche CNRS au Laboratoire Sciences pour l’environnement (CNRS/U Corse) et membre de l’équipe Feux de forêts, viendra présenter ses travaux sur la modélisation des incendies et la complexité de la prévision du risque.



Jeudi 7 septembre 2017


"La pétanque à NewYork, un sport et un art de vivre emblématique de l’identité provençale"


Valérie Feschet
Maître de conférences AMU à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (IDEMEC)


La pétanque est un des emblèmes de la culture provençale et de son art de vivre, qui participe à sa notoriété. Cette pratique s’est d’ailleurs largement diffusée jusqu’aux Etats-Unis et notamment à New York. Les données recueillies sur différents terrains provençaux et américains montrent l’évolution moderne de ce sport et les problématiques qu’il rencontre. De la mixité sur les terrains de boules, où les femmes n’hésitent plus à pointer et à tirer, à l’être et au paraître des joueurs qui revendiquent un style très décontracté, tout en rêvant de jeux olympiques et en réalisant des prouesses sportives de plus en plus médiatisées et encadrées par la fédération. Entre compétitions sportives et fraternité conviviale, les modes d’engagements corporels et idéologiques sont variés et les points de vue s’entrechoquent sur l’alcool, les cigarettes, les sandalettes… un frein à son image de marque ? Peut-être, aux yeux d’une étiquette normative, mais des recherches montrent que c’est justement grâce à ce va-et-vient entre performances athlétiques et contre-culture sportive que se diffuse aujourd’hui la pétanque dans le monde entier.


Valérie Feschet est anthropologue, maître de conférences AMU à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (AMU/CNRS). Elle a publié plusieurs travaux sur l’histoire de la pétanque et sur ses usages socioculturels ainsi que sur la Provence. Cette conférence propose de reprendre l’histoire méconnue de la pétanque, de la « pétanque de cabanon » à sa diffusion aux Etats-Unis, notamment à New York.

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